Réparation et dorure d’un calice et d’une patène en argent et laiton dorés.

 

La coupe et la patène de ce calice sont en vermeil (argent massif doré). le pied est en laiton doré.

Calice en argent avant restauration

Le calice et sa patène avant restauration

Fissure sur le calice en argent

Fissure sur le bord de la coupe

Le bord du calice est bosselé

Pliure sur le bord de la coupe

 

Le bord de la coupe est doucement redressé par martelage .

Les deux fissures sont brasées à l’argent avec précaution car le métal est très fin .

Brasage du calice en argent massif doré

Brasage du bord de la coupe

L’excès de soudure est supprimé à la lime puis par polissage.

Les fissures du calice sont soudées

Bord de la coupe après élimination des excès de soudure

Le pied du calice présente aussi quelques déformations et une fissure.

 

Le pied du calice est déformé

Déformation du pied du calice

 

aspect de la fissure du calice

Fissure sous le pied du calice

Le pied est d’abord redressé par martelage et les bords de la fissure sont rappochées

La fissure est réduite par martelage

Redressage des lèvres de la fissure

Après soudure du pied  du calice l’ensemble est doré.

L'écrin, la patène et le calice après dorure

L’ensemble après dorure

Le calice en argent doré

Le calice

 

 

 

 

Restauration d’un bronze de Charles Menne : « Le rémouleur ». Restitution de la meule.

Ce  joli petit bronze de Charles Menne (1854-1940 ) représente un rémouleur. Une pièce est manquante: la roue et son axe.

Le fondeur est Susse Frères fondé en 1803, atelier bien connu et ayant collaboré avec de nombreux artistes. L’entreprise est toujours en activité ce qui est assez remarquable.

Le bronze présente encore quelques traces de dorure en particulier dans les creux . Sur les surfaces saillantes la dorure est complètement usée et le bronze a pris une jolie patine vert olive. Le choix est fait de ne pas intervenir sur la patine de l’objet.

Le rémouleur de Charles menne en bronze

Le rémouleur avant réparation

Signature sur la terrasse du bronze

La signature de Charles Menne

La marque du fondeur

La marque du fondeur Susse Frères

 

La pièce manquante est réalisée par tournage . Une vis en laiton servira d’axe , le filetage sera dissimulé sur les tronçons visibles par un tube laiton.

Différentes pièces en laiton

Les différentes pièces nécessaires à la restitution de la meule.

La patine des éléments refaits est ajustée à celle de l’objet.

Le rémouleur après restauration

La sculpture après réparation

 

Chapelle du séminaire de Nice: Ensemble d’appliques en fer forgé et laiton d’époque Art déco

Suite de l’article sur la restauration du grand lustre en bronze.

Chaque côté de la chapelle du séminaire de Nice est éclairé par 5 bras d’applique en fer forgé et laiton d’époque Art déco .

Etat d’une applique avant restauration:

Etat de l'applique art déco en fer forgé

Avant restauration

L’acier est rouillé , le laiton verni est légèrement oxydé. Le choix est fait de fixer la rouille afin de créer une patine brune « fer oxydé » . Le laiton sera poli et verni afin qu’il retrouve son brillant originel qui créera un contraste avec la couleur de l’acier.

Pour cela un démontage complet est nécessaire

Applique démontée

Applique en fer forgé Art déco

L'applique en fer forgé art déco après restauration

L’applique restaurée en situation

 

 

Chapelle du séminaire de Nice , restauration d’un grand lustre en bronze de style néo byzantin

Le grand lustre du séminaire de Nice

Le grand lustre avant restauration

Commencée en 1880 la chapelle est terminée en 1891.

Mgr Paul Remond la réaménage complètement en 1931-1932. Il supervise les travaux jusqu’aux moindres détails.L’architecte est Jules Febvre (1859-1934) architecte de la mense épiscopale. Mgr Paul Rémond est très empreint de culture artistique paleochrétienne et Romane. La chapelle est donc réalisée dans un style néo-romano byzantin.

Intérieur de la chapelle du séminaire de Nice

Vue intérieure

La chapelle est située à flan de colline sur le front de mer , légèrement surélevée par rapport au niveau de l’eau la vue y est très dégagée sur l’horizon marin et sur la jetée du port de Nice.

Vue de la mer depuis le séminaire de Nice

La vue depuis la porte de la chapelle

Actuellement la chapelle est partiellement restaurée et réaménagée d’un point de vue électrique. En particulier des éclairages modernes par led pilotés par voie numérique.

L’ensemble de la lustrerie est à restaurer. Cet ensemble se constitue de

-4 petits lustres en bronze à veilleuses

-1 grand lustre en bronze

-10 appliques en fer forgé et laiton d’époque art déco

Le grand lustre en bronze est très lourd (environ 200 kg) et doit être démonté sur place pour le transport.

Une fois transporté à l’atelier il reste encore à démonter la grande couronne centrale et les deux modèles de fausses lampes à huile. Un grand modèle est surmonté d’une colombe ( 6 exemplaires) un plus petit est obturé par un coquillage ( 3 exemplaires)

Une partie des éléments du lustre

La grande couronne et les éléments de la chaine principale

 

Lampes à huile avec colombes et chaines

Lampes et chaines avant restauration

 

Vue des lampes aux colombes avant polissage

Ensemble des lampes aux colombes

 

Début de démontage de la couronne du lustre

Couronne en cours de démontage

Une fois toutes les pièces démontées chaque élément est décapé (vernis et oxydation) puis poli brillant et verni.

Différents éléments du lustre en bronze néobyzantin du séminaire de Nice

Elements polis

Lampe à huile du lustre du séminaire de Nice

Une fausse lampe à huile terminée

Le lustre est ensuite transporté incomplètement remonté, l’assemblage sera complété après repose de la couronne car l’ensemble serait trop lourd à soulever.

 

Repose du lustre de la chapelle du séminaire de Nice

Repose du lustre (1)

 

Accrochage du lustre en bronze

Repose du lustre (2)

Le lustre après repose

Le lustre de nouveau en place

lustre-après-restauration 2

Les 4 petits lustres et les appliques seront traitées ultérieurement dans un autre sujet.

 

 

 

 

 

Réalisation d’un vernis or sur une paire d’appliques « Cor de chasse » de style Louis XVI en bronze.

Ces deux appliques en bronze de style Louis XVI n’ont jamais été dorées , elles sont revêtues d’un vernis or. Cela se reconnait avec un peu d’habitude. Cela est confirmé par l’aspect des dos ( En dehors de zones vert de gris dues à un stockage en présence d’eau il n’y a pas de patine , le métal décapé aux acides, aspect laiton satiné-brillant). La ciselure est relativement précise pour une paire de cette époque et le dessin général est élégant.

La présence d’une électrification d’origine indique une date de fabrication relativement récente : A partir du début XXème. Les branches sont en effet conçues avec des tubes intérieurs permettant de faire passer les fils. Ce ne sont pas des appliques à gaz transformées .

Les appliques Louis XVI avant restauration

La paire d’appliques avant restauration

L’ensemble va être démonté puis décapé: élimination du vernis et de l’oxydation .

Démontage des appliques Louis XVI en bronze

Les appliques après démontage

Les éléments centraux dont la ciselure est particulièrement soignée , après élimination du vernis et de l’oxydation , laissent apparaitre la présence d’une couche de dorure sur une couche de cuivre. Un des deux ornements est plus usé que l’autre.

Les ornementations après nettoyage

Les ornementations centrales après nettoyage

En regardant de plus près les dos des deux ornements on remarque que la couleur du métal est jaune (laiton) et la présence de nombreuses retassures ( La surface du métal est légèrement creusée et il y a des porosités au centre des zones les plus massives) Cela indique que le métal a été coulé dans une empreinte en cuivre et s’est retassé en refroidissant. La tranche des ornements est également cuivrée.

Présence de retassures sur le dos des ornements

Localisation des retassures et de la présence de cuivre sur la tranche des ornements

Aspect cuivré des ornements

Les ornements après décapage de la dorure

 

Ce sont des moulages galvanoplastiques de cuivre remplis de laiton. Cela explique la qualité des détails. Ces ornements étaient réalisés en série et cela permettait à partir d’un original extrêmement soigné d’obtenir de nombreux exemplaires avec la grande qualité de reproduction que permet ce procédé ( Pas de perte de détails ni de dimensions)

L’utilisation de cette technique permet d’un peu mieux préciser l’époque de fabrication: tout début XXème .

Ces ornements ont été dorés pour cacher la couleur du cuivre et les assortir au reste de l’applique.

Le  reste des appliques va être parfaitement décapé jusqu’à obtenir une belle couleur jaune. Le métal doit avoir un aspect bien mat . Des parties vont être brunies à l’hematite ou polies pour créer un décor qui mette en valeur les parties lisses, les parties ciselées restant mates.

Le vernis est assez fin afin qu’il ne se remarque pas, il est teinté en orangé. Appliqué sur la surface bien jaune du métal on obtient un aspect doré qui peut généralement être assez difficilement différencié d’une vraie dorure.

Les appliques après restauration

Les appliques après vernissage

 

Dorure d’une paire de flambeaux de Christofle fabriqués par galvanoplastie.

Flambeau Christofle en cuivre réalisé par galvanoplastie

Flambeau Christofle en cuivre réalisé par galvanoplastie

Cette paire de flambeaux est un peu particulière.
Le décor de style Louis XVI est de grande qualité. La ciselure est particulièrement aboutie.
Un des deux  est poinçonné par Christofle

Poinçons Christofle sur des flambeaux en cuivre galvanoplastique

Poinçons Christofle sur des flambeaux en cuivre galvanoplastique

En y regardant de plus près on se rend compte que les usures laissent apparaître des zones roses de cuivre . Il pourrait s’agir comme je l’ai pensé dans un premier temps d’une dorure sur cuivre mat , procédé assez usité fin XIXème pour donner à la dorure l’apparence de la dorure au mercure.

L'usure de la dorure laisse apparaitre le cuivre galvanoplastique.

L’usure de la dorure laisse apparaitre le cuivre galvanoplastique.

Autre vue de l'usure de la dorure sur le fût

Autre vue de l’usure de la dorure sur le fût

En réalité il s’agit de flambeaux réalisés suivant la technique de galvanoplastie du cuivre

Lorsque l’on regarde le dessous du pied  :

Revers du pied avant décapage

Revers du pied avant décapage

-Le modelé de l’endroit est exactement reproduit sur l’envers
-Le  métal présente un aspect granuleux caractéristique de la mise en oeuvre par galvanoplastie avec par endroits quelques plus grosses « concrétions »

Une fois les objets décapés de leur vieille dorure un autre élément apparait: la présence de laiton coulé. Le laiton était utilisé parfois pour ces fabrications galvanoplastiques à titre de renfort (pied, fût)ou pour réaliser certaines parties difficilement réalisables en galvanoplastie ( La bordure du pied, le filetage du fût, les tubes des bobèches.)
-Sous le pied, le laiton coulé apparait clairement et on se rend compte que le meulage que l’on pouvait constater auparavant était destiné à limiter les défauts de surface dus à une coulée superficielle, du reste les perlés sont par endroits largement entamés.

Le dessous après décapage

Le dessous après décapage

-Sur le fût des tâches jaunes de laiton attestent par endoits de la faiblesse de la couche de cuivre voire de « manques » dans cette pellicule

Mise en évidence par le décapage des traces de laiton

Mise en évidence par le décapage des traces de laiton

-Le bord du pied a été clairement fabriqué en laiton et rajouté.

La bordure du pied est en laiton et a été rapportée.

La bordure du pied est en laiton et a été rapportée.

-Le filetage du fût est tourné et également rapporté.

Le filetage a été tourné en laiton et rapporté également.

Le filetage a été tourné en laiton et rapporté également.

Ces flambeaux ont été réparés et redorés

Les bougeoirs après réparation et redorure.

Les bougeoirs après réparation et redorure.

Dorure: Exemples de restauration d’objets anciens en bronze et laiton.

Diaporama mettant en scène un grand nombre d’objets passés entre mes mains . Ils sont présentés avant et après  redorure ou simple nettoyage. Tous ces objets sont anciens (XVIII et XIXémé siècles) et en bronze. Certains sont de grande qualité d’autres un peu moins , le panorama est assez large et permet de se faire une idée des résultats qu’il est possible d’obtenir