Restauration d’un bronze pour la congrégation des petites soeurs des pauvres à Nice

Ce bronze patiné est exposé à la pluie depuis plusieurs années et la patine sous l’action de l’eau a terni et par endroits le vert de gris commence à apparaitre.

Il se trouve à la congrégation des petites soeurs des pauvres à Nice.

Il représente Jeanne Jugan fondatrice de la congrégation.Jeanne Jugan

wDSC_0699A partir de la base restante la patine est restaurée .

wDSC_0702 Jeanne Jugan

 

Restauration d’un crabe ( Jizai okimono ) en bronze signé Masayoshi.

Les jizai okimono sont des représentations en métal d’animaux. Elles ont la particularité d’être articulées. C’est une spécialité Japonaise. Les sujets sont généralement des insectes ou des crustacés. Les matériaux sont l’argent, les métaux cuivreux et parfois l’acier. Cette production a commencé au début du 18ème siècle par des fabricants d’armes  familiers des armures articulées Japonaises.

Un client m’a confié ce magnifique crabe en bronze patiné , il est signé Masayoshi sur sa face inférieure.

Le jizai okimono avant restauration

Le crabe avant restauration

Signature de Masayoshi

Signature de Masayoshi

Les extrémités de deux pattes sont sont cassées . Ces segments articulés sont percés et assemblés sur le segment suivant par une goupille. Ici le métal s’est rompu au niveau des perçages . Il faut donc rapporter du métal pour pouvoir refaire le perçage.

Il faut d’abord extraire les goupilles en laiton qui sont restées fixées dans le trou de logement des segments suivants.

Extraction des goupilles du Jizai okimono

Extraction des goupilles

Ajout de matière par soudure sur les segments

Ajout de matière sur les segments

Face inférieure du jizai okimono

Le crabe sur l’établi

Le perçage est la partie la plus délicate de la restauration, il est nécessaire qu’il soit réalisé bien dans l’axe

Les segments sont percés

Perçage des segments

après patine

Les segments après patine

Repose des goupilles sur le crabe

Repose des goupilles

L’extrémité des goupilles est patinée ainsi que quelques éraflures consécutives à leur repose.

Le Jizai okimono après restauration

Le crabe après restauration

 

Restauration de patine – Panthère en zinc d’art de Giacomo Merculiano.

Giacomo Merculiano ( 1859 – 1935 ) est un sculpteur Italien. Il a étudié à l’institut des beaux arts de Naples.

Cette panthère est en zinc d’art et est restée en extérieur. Sa patine est largement dégradée, certaines zones ont été préservées, principalement celles qui étaient abritées de la pluie .

Après restauration la patine est cirée pour lui redonner de la brillance et la protéger.

La sculpture avant restauration

La panthère avant restauration

La patine après restauration
Détail de la patine avant restauration

Détail après restauration

Détail de la patine après restauration.

La sculpture après restauration

La panthère après restauration

Signature de Merculiano

Signature de Merculiano

 

Réparation d’une sculpture en régule de Denis (Alias supposé de Marcel Bouraine)  » Danseuse aux boules » Fondeur Max le Verrier.

Le régule avant restauration

Avant restauration

Denis est la signature supposée de André Marcel Bouraine (1886-1948) . Il a travaillé pour plusieurs éditeurs dont Max le Verrier.

Signature de Denis

Signature de Denis , alias supposé de Marcel Bouraine

Hormis quelques éraflures la patine est assez bien conservée. La statuette est tombée et a cassé au niveau du pied.

Comme la plupart des productions de Max le Verrier elle est en régule.

Aspect de la cassure du pied

Aspect de la cassure

On voit les traces de collage . Ils sont éliminés et une soudure à l’étain est effectuée.

Détail après soudure

Aspect après soudure

La soudure est ensuite reprise à la lime et à l’abrasif.

rattrapage-soudure

Puis la patine est retouchée. Des retouches sont également réalisées sur les éraflures présentes à plusieurs endroits de la sculpture.

Détail du régule de Denis

Détail après réparation

Le régule de Denis après réparation

Après réparation

 

 

Réparation d’un zinc d’art (« régule ») de Anatole Jean Guillot.

Anatole ,Jean Guillot est un sculpteur, peintre et céramiste Français (1865-1911)

Il a travaillé plusieurs années pour la manufacture Sèvres.

Il a participé entre 1900 et 1904 à la restitution des trophées de balustrades du corps central des façades Nord et Sud du château de Versailles.

Ce « régule » porte sa signature et un des deux sujets est décapité.

Le régule avant réparation

Le régule de Anatole jean Guillot avant restauration

 

 

Signature de Guillot

La signature

Un cachet figure sur le socle à côté de la signature. « Fabrication Française- Paris – Made in France » est présent sur certains objets en zinc d’art. Son intitulé est un double euphémisme et son but est de donner une caution de qualité pour un objet en métal non noble et produit en grande quantité.

cachet "fabriqué en France"

Cachet « made in France »

La réparation est réalisée par soudure à l’étain

Le cou après soudure

Soudure du cou

Le rattrapage de la soudure

La soudure en cours de rattrapage

 

Après rattrapage complet une retouche de patine aux pigments est réalisée et la statue est cirée  .

Détail de la soudure du cou de la sculpture de Guillot

Détail de la soudure après rattrapage

Le régule de Guillot après restauration

Après restauration

 

 

 

 

 

Restauration d’un groupe en bronze de Eugène Lanceray: Cosaque Zaporogue après le combat.

Eugène LancerayIevgueni Alexandrovitch Lanceray / en Russe: Евгений Александрович Лансере ) 1848 -1886 est un sculpteur Russe d’origine Française. Son grand père etait major de l’armée de Napoléon 1er. Il est spécialiste des chevaux et des cavaliers. Pendant sa courte vie il a produit plus de 400 statues équestres.

Le groupe qui m’a été confié représente un cosaque Zaporogue à cheval. Un deuxième cheval sans cavalier est également à ses côtés.

Cette sculpture en bronze m’a été confiée pour expertise et restauration . Elle présente des tâches blanches dont il m’a été demandé d’en établir l’origine et de procéder à leur suppression.

Le bronze de Lanceray avant restauration

Le groupe avant la restauration

La signature de Lanceray

La signature de Lanceray (en Cyrillique )

 

Ce bronze d’un bel aspect de loin révèle rapidement son origine récente. Il s’agit d’une copie moderne très récente . Plusieurs éléments confirment ce jugement :

- La faible qualité de la ciselure. La finition est inexistante et certains détails ne sont pas dignes d’une sculpture de cette époque.

La qualité de ciselure

Faiblesse de la qualité de ciselure. La fonte à cire perdue est quasiment brute .

- La technique de fonte employée:  Il s’agit d’une fonte à cire perdue moderne. La surface du métal sur une pièce ancienne ne présente pas le même aspect, elle doit révéler le grain du sable employé. Ici au contraire pas de grain du au sable et le travail de la cire est nettement visible. On voit également les tiges de coulée qui distribuent le métal sous le socle ce qui n’est jamais le cas sur des exemplaires d’époque.

Le dessous du socle

L’aspect du dessous du socle

-De gros défauts qui auraient été réparés à l’époque: Certains enfoncements ou bosses n’auraient jamais été laissés à cette époque, ils auraient été réparés avant commercialisation.

Défaut sur le bronze de Lanceray

Défaut sur la tranche du socle

-La patine : Sur un objet de cette période et de cette qualité on s’attend à trouver une patine chimique très adhérente, éventuellement légèrement usée par endroits . Ici pas d’usures et une patine opaque et réalisée au pigments ce qui explique en partie les problèmes de tâches évoquées plus loin. En raison de l’opacité de cette patine il a été réalisé des nuances plus claires dans le but de suggérer cette transparence et une certaine usure. Ces effets de peinture ne sont pas dignes d’une telle sculpture.

Nuances de la patine

Aspect des nuances de la patine

L’opacité des parties claires montre bien qu’i s’agit d’un revêtement et non pas d’une oxydation naturelle du métal.

-L’origine des tâches blanches : L’existence de ces tâches prouve également l’origine récente de ce bronze. Elles résultent à la fois du procédé de fabrication et de la patine utilisée. Ce bronze produit par la technique de la fonte à la cire perdue a été coulé dans une cavité laissée libre dans un plâtre réfractaire après avoir vidé la cire par chauffage. Après refroidissement ce plâtre est cassé et nettoyé. Ces fragments de ce plâtre qui ont été mal nettoyés sur le bronze  témoignent du peu de soin apporté à l’opération. Ils ont ensuite été recouverts probablement encore humides par la patine aux pigments ce qui explique sa mauvaise tenue .

Tâche sur le socle

Tâche blanche sur la socle

Tache sur la selle

Tâche au niveau de la selle

Tâche sur le bronze

Tâche sur l’épée

La restauration consiste à éliminer ces différentes tâches de plâtre et de restaurer la patine sur ces surfaces.

Le bronze après restauration

Le groupe en bronze après restauration

 

 

Restauration de patine sur un buste en bronze d’après Jean -Antoine Houdon: Sabine

Buste bronze de Houdon , Sabine

Le buste avant restauration

 

Jean- Antoine Houdon (1741-1828) a travaillé sous Louis XVI, la révolution et le premier Empire. En 1785 Il traverse l’Atlantique pour réaliser une statue de Georges Washington.

 

La signature de Houdon

La signature au dos du buste

 

L’exemplaire ci dessus est une copie plus tardive. Il représente Sabine la fille de Houdon agée de 4 ans. Il est en bronze patiné au vernis et aux pigments. En raison d’une moindre résistance de ce type de patine, des rayures disgracieuses altèrent l’esthétique de l’objet.

 

Rayure sur le bronze de Houdon

Rayure sur l’épaule gauche

rayures et manque sur le bronze

Rayures et manques de patine sur le visage

 

Rayures de la patine sur le bas du buste

Rayures sur le bas du buste

Le socle en bronze doré et verni est encrassé (on remarque sur la photo ci dessous les traces de vernissage au tampon en coton)

Le socle en bronze doré avant restauration

Le socle avant restauration

Les retouches de patine sont effectuées avec des pigments de couleur similaire. Le socle est déverni et nettoyé.

Retouches de la patine sur le buste

Retouches sur le bas du buste

Le visage de "Sabine" par Houdon après restauration

Le visage après retouche.

Le socle en bronze doré après nettoyage

Le socle après nettoyage

 

Le buste de Sabine par Houdon après restauration

Le buste après retouches

 

 

 

 

Réparation d’une sculpture en régule de Fayral :  » Lysis  » . Fondeur : Max le Verrier.

Cette sculpture en régule est signée Fayral. Son titre est « Lysis ». La fonderie/maison d’édition est Max le Verrier.

 

La sculpture en régule avant reparation

La sculpture avant restauration

Les deux mains sont cassées. La moitié de la main droite est manquante , l’autre main a été conservée mais il manque un doigt.

Cette pièce est revêtue d’une argenture vernie. Aux endroits où le vernis s’est usé l’argenture a oxydé (tâches noires) ailleurs le vernis a vieilli ce qui donne à l’argenture cette couleur jaunâtre. La patine du temps sera conservée.

En premier lieu il s’agit de restituer la partie de main manquante. Pour ce faire il faut en sculpter une  dans un morceau de cire dure de bijoutier .

création de l'élément manquant

Création de la main manquante en cire

La main en cire de bijouterie

La main en cire terminée

Cette pièce est réalisée légèrement plus grande afin de récupérer le retrait du métal lors du refroidissement. De plus un excès de métal au niveau de la cassure évitera de manquer de matière pour l’ajustage.

La main est ensuite moulée avec de l’élastomère puis du plomb coulé dans la cavité.

Le plomb est coulé dans le moule

Coulée du plomb

La main de la sculpture après démoulage

La main après démoulage

La main est ensuite coupée puis percée afin de l’assembler sur la sculpture par une petite tige métallique.

La pièce est percée

Perçage de la pièce rapportée

Assemblage de la pièce sur la sculpture de Fayral

Assemblage de la pièce rapportée sur la sculpture

Une soudure au chalumeau est ensuite réalisée

La main droite est soudée

Soudure de la main droite

Après soudure de l’autre main au niveau du poignée , du métal est apporté au fer à souder afin de recréer l’ébauche du doigt manquant.

Restitution du pouce gauche

Apport de métal pour recréer le pouce de la main gauche.

Les soudures sont ensuite minutieusement rectifiées pour dissimuler leur existence.

Puis l’argenture est refaite aux points de soudure par électrolyse sélective au tampon.

Rattrapage de l'argenture par électrolyse sélective

Argenture par électrolyse locale au tampon

La sculpture de Fayral terminée

La sculpture restaurée

 

 

 

 

 

 

 

Restauration d’une sculpture de Pierre le Faguays dit Fayral: « Tourbillon » en régule . Soudure et retouche de patine.

Pierre le Faguays ( Dit Fayral ) est un sculpteur Français d’époque Art-Déco . Il est né à Rezé en 1892 et mort le 8 Septembre 1962 à Paris.

Il a travaillé avec plusieurs fondeurs dont Max le Verrier et la fonderie Susse.

La sculpture dont il est question a été réalisée par Max le Verrier. Elle est en régule ce qui explique son état.

Le ruban qui entoure la danseuse est cassé en plusieurs morceaux , il est en effet d’une grande fragilité.

 

 

La sculpture de Fayral avant réparation

La sculpture avant restauration

La difficulté consiste à ressouder le ruban en respectant la courbure d’origine. La réparation est faite au chalumeau avec une buse très petite  car  l’alliage est à base d’étain et de plomb et fond très vite .

Sodure de la sculpture de Fayral

Soudure du ruban

Une fois les soures terminées il faut rattraper les petites bavures inévitables à la lime et au papier abrasif.

La sculpture de Fayral après les soudures

La sculpture après les soudures

La dernière étape consiste à effectuer une retouche de patine .

La sculpture en régule de Fayral après restauration

La sculpture après restauration.

 

Restauration d’un bronze de Charles Menne : « Le rémouleur ». Restitution de la meule.

Ce  joli petit bronze de Charles Menne (1854-1940 ) représente un rémouleur. Une pièce est manquante: la roue et son axe.

Le fondeur est Susse Frères fondé en 1803, atelier bien connu et ayant collaboré avec de nombreux artistes. L’entreprise est toujours en activité ce qui est assez remarquable.

Le bronze présente encore quelques traces de dorure en particulier dans les creux . Sur les surfaces saillantes la dorure est complètement usée et le bronze a pris une jolie patine vert olive. Le choix est fait de ne pas intervenir sur la patine de l’objet.

Le rémouleur de Charles menne en bronze

Le rémouleur avant réparation

Signature sur la terrasse du bronze

La signature de Charles Menne

La marque du fondeur

La marque du fondeur Susse Frères

 

La pièce manquante est réalisée par tournage . Une vis en laiton servira d’axe , le filetage sera dissimulé sur les tronçons visibles par un tube laiton.

Différentes pièces en laiton

Les différentes pièces nécessaires à la restitution de la meule.

La patine des éléments refaits est ajustée à celle de l’objet.

Le rémouleur après restauration

La sculpture après réparation